24.11.2011

Beaujolais triste

Voilà, j'ai mis une semaine à le digérer le beaujolais nouveau... Non pas qu'il soit trop vert, trop acide, trop quelconque, comme souvent tous les ans... non, c'est autre chose. Un arrière goût amer, comme tous les ans depuis 4 ans.

Fin de tournée, jeudi soir... 19h30. Pas envie de rentrer. Des fourmis dans les jambes. Les papilles frémissantes... voir du monde, du bruit, des lumières; se sentir seule au milieu d'humains inconnus, entourée de chaleur humaine, de rires, de conversations animées... me ranimer.

Une foule de souvenirs affluent. Mes "Beaujolais nouveau" en Bretagne. Souvent des soirées improvisées, sur l'impulsion, dans le mouvement... Juste un verre chez mon ami caviste de la rue Clémenceau. D'autres amis qui arrivent... deux verres alors... allez, on franchit la Rance. Une pizz en bonne compagnie... des fou-rires, des rencontres; de la chaleur quoi !

Ou les regroupements de dernière minute. On passe chez toi ? amène ta bouteille, un bout de pâté , on tartine... Juste un prétexte pour être bien, ensemble.

Mais ce soir là, comme l'an dernier, je tourne comme une âme en peine dans Ajaccio sous couvre-feu. On fête le Beaujolais nouveau ? Où ça ? J'arpente le port. 5 couples emmitouflés en terrasse devant un groupe de petites rockeuses d'enfer qui donnent de la voix et des tripes... Descente du tribunal : les zykos envoient du son dans le bar à vin... les musiciens sont plus nombreux que les spectateurs ! Bord de mer : les bars habituels avec les tronches habituelles... Même pas envie.

Je me sens seule, dépassée. Mes amis de toujours sont loin. Ici, l'amitié n'en a que le nom. Je me sens triste. C'est mon seul échec, en 4 ans de Corse. Le Beaujolais nouveau me le rappelle tous les ans. Incontournable. Comme quoi, les traditions...

Et puis, en rentrant, le déclic; je passe devant le bar à vin de Pierrot. Le mec impassible, à peine souriant, pas causant pour deux sous, qui sert " à la tête du client", mais qui ne désemplit pas...

Alors je m'assieds au comptoir, un peu réchauffée par les vieilles pierres et les clients qui se pressent. Et je craque : "un Saint-Nicolas de Bourgueil" ! J'ai eu du mal à trouver mon nid ce soir. Alors je vais pas tout gâcher avec un verre incertain ! Un cru de l'ouest, ça me rapproche de mon far-ouest. Il glisse dans ma gorge, me farde de rose aux joues, met du brillant dans mes yeux...

Allez, je trinque à votre santé, mes amis loin là-bas. Je partage un peu de cette soirée avec vous tous. En attendant de vous revoir

03.08.2011

Je savais pas...

Je savais pas que l'amour pouvait mourir d'un coup; qu'il pouvait nous quitter comme il était venu, avec la même fulgurance. Juste je savais que, comme tous les alcools forts, il était volatil, fragile... mais pas à ce point délétère... je savais pas que ses vapeurs enivrantes s'estompaient aussi brutalement.

Je savais pas qu'on peut se réveiller un matin et que plus rien n'est comme avant. Les parfums, les gestes, les mots qui nous montaient aux nues n'ont plus aucun goût, plus aucun sens. Ils permettent juste de mesurer le gouffre qui s'est creusé, insidieusement, entre notre vie réelle et notre vie rêvée...

Je savais pas que l'amour pouvait être un mirage où l'on se noie avec ivresse tant il semble infini, incommensurable et prodigue. Je savais pas qu'une fois le mirage envolé, on se retrouve échouée sur le sable, à bout de souffle, plus que nue, écorchée vive par une douleur aussi aigue que l'on été nos extases...

Non, je savais pas. Je savais pas.

Juste je savais que même clouée au sol, il y aura toujours un instant de grâce, un instant d'espoir où le peu de forces qui nous restent, dans un ultime élan de notre coeur déchiré, de notre âme endolorie, nos ailes puiserons la force pour repousser, doucement, tout doucement.

Et elles nous permettront de repartir, doucement, tout doucement, vers notre vie rêvée. 

18.03.2011

Carnet de tendance

Par une nuit de pleine lune, le sommeil me fuit... Beaucoup de réflexion à mener, de choix à faire, bref, une vie ordinaire, de nuit, les yeux ouverts.

Ma profession de foi est intacte depuis octobre. Comme prévu, j'ai beaucoup travaillé. Beaucoup profité. Voyagé un peu. Repris une vie sociale, timide. Grandi, énormément. Vieilli aussi, d'une année-versaire !

3 ans révolus et le temps fait son oeuvre. Les racines me poussent, même si le terreau est encore un peu ingrat par moment à mon goût. Mais il faut bien être quelque part pour mieux avancer. Le nomadisme a ses limites, pour une femme qui aime avant tout construire.

Alors, je suis au bord d'un nouveau projet, qui sonne comme une renaissance. Une re-nouvelle. Je vais acheter un appartement. Un lieu vaste et un peu clos dans un vieil immeuble. Le charme des 3 mètres sous plafond, des carrelages rococco, des fenêtres sur cour. Je quitte la lumière insolente (je vis dans des aquariums depuis que je suis en Corse) pour un lieu plus secret, plus intime, à l'abri des persiennes mi-closes. 

Il y a tout à refaire : agencement, déco, modernisation. Comme j'aime. J'habiterais en centre ville dans le quartier bobo, en pleine réhabilitation. Une très jolie opération immobilière. Une nouvelle façon de m'approprier la cité, de reprendre des habitudes de quartier, de voisinage... Me balader nez au vent, à deux pas du port de plaisance, de la rue commerçante... très tentant !

Voilà ce qui me tient éveillée cette nuit. Plus encore, qui me donne envie de me lever le matin pour travailler, sourire, imaginer, créer..

Une page se tourne.

08.10.2010

On the road again !

 

Voilà, on a beau dire 15 jours de repos, c'est court... Mais l'exercice libéral ne pousse pas à l'inactivité. Un beau contrat se présente, et hop ! C'est reparti. Bon, je suis honnête, un peu en traînant des pieds. Parce qu'encore épuisée par une saison surchargée. Parce que la tête chargée d'envies contradictoires. Parce que pour tourner une page, il me faut du temps.

J'ai vécu un an dans un village magnifique, très entourée de gens bienveillants, d'attentions, de gentillesses... certes le boulot était très éprouvant, les rapports avec les collègues pas toujours simples, leurs façons de faire souvent cavalières, la rentabilité de mon activité très aléatoire, trop ! Je passe sur l'aspect solitude d'un hiver interminable... Mais l'enthousiasme était là.

J'ai choisi de redescendre à Ajaccio. J'ai trouvé un remplacement de plusieurs mois dans un bon cabinet avec des filles adorables, droites et qui partagent mes valeurs de soin. Alors, en selle ! Me voici à nouveau à courir après le soleil levant, à califourchon sur mon Pégase, dispensant bonne humeur et soins de porte en porte. Et ce jusqu'à que l'odeur réconfortante de la soupe flotte dans les halls d'immeuble. Parce qu'à 25°, ici, on a froid !

Au bout de 15 jours de pratique, le plaisir surgit. Intense, complet. Au village, je remplaçais surtout le soir. Ici, je suis infirmière à part entière, du matin au soir. Et y a du sport ! Première urgence : une colossale phlébite. Gérer en assurant la tournée quand même : le médecin traitant à appeler, le rendez-vous chez le phlébologue en urgence, trouver une ambulance, l'admission en clinique... Avant midi l'affaire est réglée. A domicile, nous sommes plus encore qu'ailleurs les yeux, les oreilles et les mains des médecins et souvent les jambes des patients, entre les courses à faire, les médicaments à récupérer... Grosse responsabilité.

Mais quel satisfaction de suivre le patient de A à Z ! Toutes nos compétences sont en œuvre. Encouragée par mes collègues, je pratique les massages, l'éducation thérapeutique, nutritionnelle... je m'éclate parce que je me sens complète dans ma façon de faire !

Jusqu'en mai, me voici posée, a priori. Reste à me réinsérer dans cette bonne vieille ville d'Ajaccio. Là, c'est plus complexe. Cette ville est petite, superficielle, agitée. Je n'y ai jamais pris mes marques véritablement, préoccupée à me construire professionnellement, sentimentalement, humainement... panser quelques blessures, essayer d'évacuer le passé et me remplir de cette belle nature qui domine ici.

Aujourd'hui, j'ai envie d'y revenir pour retrouver un réseau amical, me nourrir d'idées et de sensations plus culturelles. Mes amis lointains me manquent terriblement, nostalgiquement. Ce fin maillage qui faisait que je ne me sentais jamais seule... jamais trop loin. Un bon ciné, un bon concert, une bonne expo, une bonne discussion. C'est trop demander ? Je fais le pari que je dois pouvoir trouver ça ici. Pas loin. Mais je n'ai pas encore les clés pour y parvenir.

automne.jpg

Sur le continent, je vivais baignée d'infos, de culture. Absorbée par toutes les nouveautés de ma vie, j'ai un peu lâché tout ça. Je me réveille, en plein automne, un peu sauvageonne, gorgée d'embruns, de soleil et de parfums du maquis, affamée de plaisirs plus cérébraux. Le chemin pour y accéder, je ne le connais pas encore. Non. Mais ce dont je suis persuadée, c'est que je le trouverais.

 

22.09.2010

C'est mon tour !

Voilà, c'est comme ça, c'est mon tour ! à moi...

C'était pas prévu; d'aucun appellerait ça une période de chômage. Mais moi, je dis qu'il est enfin venu le temps des vacances. Jusqu'à hier, c'était encore le temps de la plage, du soleil, des éclats de rire...

liamone.jpgPuis 3 gouttes de pluie et c'est défini : il faut revenir au rythme normal.

Blogger, marmotter, remettre la maison en route, ranger les placards, sortir la petite laine, se faire la coupe de l'automne, se résigner à porter des lunettes de vue... tout le temps, nettoyer le jardin, faire les confitures, appeler les copines pour boire des coups, choisir un cours de gym... une foultitude de petites activités pour remplir les journées plus fraîches, de l'aube dorée au crépuscule qui baigne le port d'Ajaccio de lumière rose. Tôt, trop tôt.

Finalement, c'est rassurant de se répéter, année après année... les bonnes résolutions de la rentrée. On va faire ci, on va faire ça ! Ou pas. Tous les possibles s'ouvrent à nous. Continuer ou arrêter. Plonger ou se retenir... mais surtout ne pas oublier de croquer au passage tous les jolis moments qui s'offrent encore à nous.

14.07.2010

Avis d'absence

Pendant que certains sont en vacances, d'autres travaillent tellement qu'ils n'ont plus le temps de d'écrire... Savourez votre chance !

24.05.2010

L'amante

Elle se lève, embrumée des vapeurs de champagne rosé. L’arôme mielleux de quelques bouffées d'Hamlet se rappellent à son bon souvenir dans un coin de son crâne endolori. Ses cernes auréolent en camaïeu le bleu de ses yeux où brillent encore quelques bulles, prisonnières malgré elles.

Giclée d'eau fraîche, thé à la rose... Boîte à courriel comme tous les matins pour s'assurer que quelqu'un pense à elle quelque part, aujourd'hui encore. Sa petite drogue, son amphétamine qui lui permet d'avancer, de construire encore et toujours. Se sentir vivante en se mesurant à l’aune de ces Autres qu’elle choisit avec soin désormais pour constituer son sérail.

Et là, un texte, inattendu… « Le » texte. Celui qui tape juste et fort où chaque syllabe fait écho et résonne longuement dans son Pays Imaginaire. Ciselé, précis, rythmé, pudique et ostensible…

L’orage éclate. Gouttes tièdes qui roulent et auréolent le clavier poussiéreux où elle passe plus de temps à composer désormais ses devoirs et thèses qu’à délivrer les belles histoires qui la hantent. Cette émotion, elle l’a déjà ressentie, il y a pile un an. En lisant « Ensemble c’est tout » d’Anna Gavalda. Même pincement au cœur, mêmes sanglots qui débordent de sa gorge nouée pendant qu’elle sourit de bonheur, émerveillée devant ce miroir tendu à son âme d’enfant. La confluence de ses deux mondes qui l’animent et l’embellissent depuis toujours. Drôle de réveil. Et puis, elle s’imprègne du guide touristique et re-sourit, complice. Elle le connaît déjà par cœur.

Et puis, elle découvre la recette. La lit, la relit, maudit sa fatigue qui lui brouille les yeux, l’esprit. Que lit-elle ? Que comprend-t-elle ? Elle la trouve jolie néanmoins, sourit. La relit.

Qui est cette lectrice qui met son auteur dans de telles transes ? Elle a hâte de savoir.

En même temps, la recette appelle une réponse. Elle en est incapable, exacerbée par les restes de cette ivresse où elle se recroqueville avec volupté.

Elle savait bien qu’il ne fallait pas abuser hier soir après cette semaine de montagnes russes où toute la palette des émotions s’est déchaînée en elle. Du désespoir le plus noir au bonheur le plus inattendu, en passant par la colère implacable qui lui donne l’énergie de faire les bons choix. Une révolution complète en quelques jours. Une poussière pour l’humanité, mais un pas de géant pour elle. Renoncer, choisir, planter ses racines au sol, la tête dans les étoiles…

Après tout ça, comment résister au cocon de tendresse dont l’entourent ses amis ? Laisser passer l’occasion de partager, de rire, de jouer… Dormir, dormir, elle l’a fait pendant des années qui ont duré comme des siècles. Sa vie maintenant, elle la passe dehors, au grand jour, à se frotter aux autres jusqu’à rentrer repue, imprégnée de leurs odeurs, de leurs regards, de leurs caresses, de leurs univers. Elle se nourrit de cette chaleur humaine, se délecte comme un petit vampire de l’énergie qui circule entre gens de bonne compagnie.

Et puis une question la foudroie. Fébrile, elle fouille dans la boîte à courriel. Pas de traces. Dans sa mémoire. Maudite brume ! Pas de traces… Si elle n’a pas écrit… elle n’a pas parlé depuis mercredi. Enfin, pas à lui, l’auteur. Enfin, elle ne sait plus, noyée par le doute. Tout ce qu’elle déteste. Ne pas être sûre et certaine. Ne pas maîtriser. Le flou. Instant de panique.

Comment le sait-il ? Comment le sait-il que le prince charmant est passé l’enlever à l’improviste mercredi midi, balayant toutes ses prévisions du jour, annulées de quelques coups de fil, d’un seul sourire, mais combien ravageur ?

Comment sait-il que justement ce matin-là, sans vraiment savoir pourquoi, elle avait accommodé sa beauté avec un soin tout particulier ? Juste pour elle. Relever la tête. Chasser le gris. Se rassurer. Etre fière de son reflet dans la glace.

Et qu’elle s’était glissée dix minutes après l’Appel sur le cuir tendre de sa décapotable, rayonnante et déjà offerte, avec au bord des lèvres tous ses doux contes qu’elle ne réservait qu’à lui et qui le tenait inlassablement en haleine ?

Vent chaud dans les cheveux, musique… Après le déjeuner sur green à Saint-Briac, ils avaient regagné Epiniac par les chemins de traverse. Ils avaient besoin de voir de leurs propres yeux ce merveilleux domaine dont ils parlaient depuis leur deuxième rencontre. Ce territoire invisible aux terriens… les cabanes dans les arbres.

Comme toujours avec lui, joindre l’utile à l’agréable. Forcer la porte du patron, le charmer par les sourires de celle qui l’accompagne et bénéficier d’une visite privée et argumentée du site. Il sait déjà à qui il va vendre cette idée, tout en nourrissant son propre avenir…

Elle se prête au jeu, s’intéresse, hoche de la tête, envoie quelques étoiles à leur interlocuteur et arpente le domaine avec son port de reine de Sabbat. Puisque c’est ce qu’on attend d’elle. Elle renoue avec des pratiques autrefois familières. Etre adaptée à la situation en toute circonstance. Dévoiler une intelligence élégante au moment favorable. Forte de la certitude de régner au royaume des Grands. Tout en puisant les vitamines nécessaires à la construction de son rêve : ce lieu, sculpté dans le bois rare, où elle dispenserait le bien-être à ses contemporains déboussolés. Penser à se servir au passage, tout en servant l’autre… Luxe, calme et volupté…

Il fait chaud et éclatant ce jour-là, jusqu’au moment où la canopée les coupe du ciel. Tendre abri où le silence prend sa profondeur. Et là, elle aperçoit la première cabane, perchée dans un séquoia centenaire. Elle la prend en plein cœur. Son Pays imaginaire ouvre grand ses portes… Elle Lui sourit, émerveillée. Il hoche la tête, concentré sur les chiffres qui naissent sous ses yeux. Mais dans ses pupilles, elle a lu le signe qu’elle attendait. Elle sait maintenant le Possible : l’enfant peut revenir en lui. Elle pourrait obtenir ce qu’elle veut… Si seulement elle savait ce qu’elle veut. La tête lui tourne. Il s’inquiète. L’arbre ne souffre pas ? Elle mesure alors une dimension de lui qu’elle ne soupçonnait pas et qui l’attendrit au bord des larmes. Il caresse instinctivement la peau lisse du hêtre. Elle s’engouffre du bout des doigts sur cette trace invisible qui le relie à lui, au nez et à la barbe de leur guide. Jusqu’où est-elle prête à le suivre, ce renard secret et impertinent ? Saura-t-elle l’apprivoiser ?

Taux de remplissage, retour sur investissement, sécurité… La lumière moussue baigne la fenêtre en forme de cœur. Elle découvre avec gourmandise la couche accueillante sous la moustiquaire alanguie. Frissons au creux des reins. S’y blottir avec Lui et enfin arrêter le temps. Cesser de calculer, d’évaluer, de voler au sommeil les minutes essentielles à la construction de leur bonheur. Mais la fin de la récréation sonne. Sans appel. Repartir, chacun sur sa route, solitaire mais enrichi de l’attention de l’autre.

Ils s’autorisent l’ultime point d’orgue, un rapide voyage au creux du grand lit malouin qui sert de refuge à leurs ébats. Le seul point d’ancrage de leur relation naissante. La couette froissée par ce close combat improvisé gardera la trace de leurs corps, brouillon malhabile de cette prochaine fois où ils s’accorderont le temps. Enfin… Peut-être… S’il revient…

Elle se blottit, soudain silencieuse, le museau au chaud dans le creux de son cou. Il effleure son épaule d’un seul doigt, dans une caresse infinie qui égrène l’implacable compte à rebours. Déjà leurs pensées galopent ailleurs…

De son pas de danseuse orientale, elle l’escorte jusqu’à l’élégante allemande reconvertie le temps d’une après-midi en vaisseau intersidéral, pour abriter leur parenthèse amoureuse.

Il lui glisse un « A bientôt » qui gorge son cœur de midinette d’un espoir de lendemain.

Elle pousse la porte cochère, sourit à ce jardin foisonnant où elle a trouvé refuge. « L’A bientôt » est déjà rangé dans son Pays Imaginaire. Reprendre le cours des choses. Rouvrir le livre à la page où on l’avait laissé. Se réjouir des belles choses. Ne laisser personne la faire souffrir. Jamais.

Comment savait-il tout ça ? Miracle d’écrivain ? Elle avait bien dû lui dire, quand même ?

La recette. Une réponse. Pas adaptée peut-être, mais qu’importe. Elle ouvre la page blanche virtuelle. La brume s’estompe un peu dans son cerveau. Les doigts automates caressent le clavier : « Elle se lève, embrumée des vapeurs de champagne rosé. L'arôme mielleux… »

22.05.2010

Coupable !

Presqu'un mois sans écrire ! Comme je te malmène, cher lecteur...

Pourtant, ce ne sont ni les idées, ni les envies qui me manquent. juste un peu de temps volé à la fatigue...

Alors, promis, je fais quelque chose... une petite nouvelle, écrite il y a deux ans mais qui me semble jolie avec le retour du beau temps, ça vous irait ? Promis, vous l'aurez dans la boite lundi....

 

21.05.2010

A l'ombre d'un platane

A l'ombre d'un platane, juste savourer le temps qui passe ponctué par les cris des hirondelles... Enfin un peu de chaleur, la caresse du soleil pour clôturer cet hiver interminable.

Dans la montagne verdoyante, juste savourer de faire son métier, l'esprit et le corps en paix, les gestes sûres, la présence adaptée.

Dans cette Corse belle et sombre, juste savourer le plaisir des rencontres, des rêves doux, des envies qui renaissent... posée là, tranquille et sereine.

24.04.2010

Honte !

piriac chapo4 (2).jpg Il a suffit de 30 secondes d’info, lâchée là, une tranche de télématin qui se scratche au milieu de mes crêpes au miel pour me hérisser le poil et me filer la nausée.

Une femme de 31 ans, née en France, vivant et travaillant en France, est verbalisée « pour circulation dans des conditions non aisées » parce qu’un fonctionnaire a estimé que son champ visuel était altéré par son niqab…

L'immonde Hortefeux en profite pour aiguillonner son plus subtil limier, sur une piste capitale : le mari, né à Alger, serait polygame et fraudeur.

"Je vous serai très reconnaissant de bien vouloir faire étudier les conditions dans lesquelles, si ces faits étaient confirmés, l'intéressé pourrait être déchu de la nationalité française", demande Hortefeux à Besson, dixit l’A.F.P.

Ignoble. Chaque jour, l’Etat et ses sbires zélés nous matraquent sur tous les fronts. Basta !

Oui, la gentille mère de famille – j’ai connu un père de famille divorcé dans ce cas - qui court toute la journée pour emmener les petits à l’école, assumer son boulot, tenir la maison peut aujourd’hui basculer pour 3 fois rien : un excès de vitesse de 2km/h, une ceinture oubliée, un appel au portable même avec oreillette, une cigarette (quelle horreur !) au volant… Ca y est, elle (il) a perdu ses points.

Petits moyens, plus de permis. Donc plus de travail ? Impossible. Elle ou il conduit sans. En toute illégalité. Et risque de voir sa vie basculer en quelques secondes dans la grande délinquance, garde à vue, voire zonzon. En fonction de l’humeur, du bon vouloir ou que sais-je encore, du gardien de la paix qui veille à maintenir le bon ordre en France jusqu’au cœur des écoles désormais. Zorro ou paternaliste… Notre sort en dépend.

C’est pas déjà assez d’avoir peopolisé la politique à outrance au point de ne relever que les vaines paroles ou des poses en défaveur des actes, d’avoir abruti uniformément nos outils de médiatisation pour en faire des machines à laver les cerveaux et manipuler collectivement ?

Aujourd’hui, donc il est interdit de fumer, de boire, de conduire, de faire l’école buissonnière ? A quand le flic au pied du lit pour vérifier qu’on baise droit ?

Peuple de France, tu as oublié qu’il est interdit d’interdire ?

J’ai toujours respecté les fonctionnaires pour avoir été quasiment des leurs pendant les 15 ans ou j’ai servi la fonction publique. Les hommes et femmes qui font respecter la loi, je les ai fait vivre dans mes polars. Mais là, on joue à quoi ?

Attention les filles, plus de chapeaux extravagants, fini le bandana dans les cheveux, enfin surtout pas au volant… Pour l’instant. Mes sœurs, jettez voiles et cornettes au feu avant de monter dans vos Clio.

Ahhhhh ? Vous voulez dire que c’est un problème de religion ? Faut-il penser que derrière chaque voile, chaque djellaba se cache un islamiste en puissance, ce qui rime avec terroriste, forcément ?

Moi j’y vois déjà un problème institutionnel : sur quelle base légale s’appuie la répression d’un délit alors que la loi qui doit le régir est encore dans les limbes ?

Vous voulez dire que c’est un délit de « sale gueule » ? Il me semblait que depuis les abominations nationales-socialistes, la France avait fait son mea culpa, timide certes, sur la stigmatisation raciale. Que c’était de l’histoire « ancienne » tout ça.

Ou alors, j’ai rien compris. Ou alors, on en est déjà à cultiver les plates-bandes du Front National pour récolter des voix aux prochaines présidentielles sur un terreau immonde ?

Et le summum, voilà qu’aujourd’hui on peut vous attribuer en 1999 une nationalité française et vous la retirer en 2010 pour « mauvaise » conduite ? Comme vous donner des allocs pour repeupler la France mais les couper de même sans préavis ? Serait-on devenu le pays le plus moralisateur du monde ? Y a compet’ de connerie avec les Etats-unis et on me l’avait pas dit ?

Eh, Maman Sarkozy, dis à ton fils d’arrêter de visiter Obama à tout bout de champ. Il a pas une très bonne influence apparemment.

Et à qui donne-t-on le droit d’en décider ? A un Monsieur-tout-le-monde qui estime que vous êtes mauvais parent, mauvais français, ou gêné dans votre capacité de conduite? Le papy de 90 ans, il est au top lui pour conduire ? On cherche à nous protéger… ou à nous asservir ?

Je tremble, moi qui ai grandi dans un beau pays, d’une culture des plus réputées, le pays des libertés…

France, terre d’asile, tu as la gueule de bois ce matin et moi, Française, j’ai honte.

Moi qui suis issue d’une famille qui a ouvert ses bras et son cœur à des enfants qui fuyaient le régime de misère et de torture d’un despote asiatique, oui de tous jeunes réfugiés politiques qui ont connu les camps de rétention, rescapés des pirates de mer, et à qui la France a offert aujourd’hui une éducation, de bons métiers et de quoi élever leurs jolies familles, partir en vacances, consommer… qui font tourner la machine économique, quoi…

Je ne m’y retrouve pas dans ce que je lis, j’entends ou je vois.

A part dimanche. J’ai vu l’Alice au pays des merveilles de Tim Burton. Et là, je me suis dit que tant que le flic n’était pas dans ma tête, il y avait encore un espoir… Soyons vigilants !