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04.03.2008
Frissons de printemps
Depuis mes deux derniers jours de repos, où je me suis enfin REPOSEE...,et une série de soirs de travail qui permettent un réveil naturel, je retrouve une énergie nouvelle et éruptive.
Est-ce le chant des oiseaux qui se densifie chaque matin de nouvelles voix ? Est-ce la chaleur qui monte sensiblement ? L'atmosphère paisible de mon joli studio où je plante mes racines peu à peu ? Il vibre de bonnes ondes, même si, comme dit ASY, ma petite sorcière bien-aimée, il est "habité". On le serait à moins. L'immeuble est entouré de cimetières, de caveaux grands comme des maisonnettes, avec portes vitrées, autels foisonnants de fleurs et d'objets de passé, mobilier pour y méditer plus confortablement...
J'en ai fait la visite avec l'espoir de perpétuer la tradition familiale : donner une seconde vie aux plantes, choisies pour leur aspect éphémère et jetées après usage, mais qui ne demandent qu'à reprendre racine dans une terre neuve, soigneusement arrosées... Sur les pas de ma mère, j'ai arpenté ce vaste cimetière bercé des vagues méditerranéennes. Las ! ici, les cimetières sont bien plus structurés qu'Ajaccio, elle-même, sans numéros ou plaques de rue la plupart du temps. Allées, contre-allées, fléchages, tout est nickel. Des grandes poubelles noires hébergent les déchets à chaque intersection. Pour la chine, c'est rapé !
Pour autant, l'esprit récup' me tient toujours. Et me réussit ! Après le fameux canapé du Salario et la desserte de cuisine, j'ai récupéré un adorable salon de jardin, cinq baconnières neuves, un casier à roulette, une grille de BBQ... Inlassablement, je garde l'oeil rivé sur chaque coin de rue pour continuer cette moisson inattendue.
Je ne peux m'empêcher de repenser à ces adolescents qui étaient venus en délégation me trouver, au fin fond du Sahel, à Tikaré, pour m'interroger très officiellement. Je revois le plus grand d'entre eux, petit Prince du désert le plus pauvre de tous les déserts, baton de berger à la main, campé devant moi qui me lance : "Est-ce que c'est vrai que dans ton pays on trouve des jouets neufs dans vos poublelles ? Dis, est-ce que c'est vrai ?" Oui, petit Prince, dans cette île, comme dans tous les pays "développés", on trouve des jouets pour les enfants, et pour les grands ! On achète tant et tant, au-delà même de nos besoins réels, qu'on peut se permettre de jeter des objets neufs dans les poubelles...
Et, entraînés par les médias qui n'ont décidément rien d'important à dire, puisse qu'ils n'informent plus mais se contentent d'être le reflet des préoccupations quotidiennes de notre peuple (parlez-moi de moi, y'a que ça qui m'intéresse...), on pleure et se lamente à longueur de journée sur la baisse du pouvoir d'achat, le prix du pain et du lait qui augmentent... Oui, petit Prince, ainsi va le monde où l'apparence a le dessus sur la profondeur des êtres, où l'argent ne fait plus le bonheur mais juste forge le pouvoir.
Premières fois
Nos tournées retrouvent un visage humain en ce moment. Nous avons absorbé le changement de rythme. Après deux urgences, hier, nous avons pu dégager un quart d'heure de pause en terrasse. Cool !
Premier printemps à Ajaccio. J'ouvre grand les yeux. Il sort des jolis mecs de partout. Tous bien mis, bronzés, lunettés, le poil luisant, l'oeil aiguisé... Je salive d'avance ! Envie d'être jolie, plus encore, montrer mes jambes fuselées par des talons, raccourcir mes jupes, porter du flou, lâcher ma crinière qui commence à retrouver une longueur plus féminine... Le Sud magnifie les corps, pousse à la mise en scène. Je me sens érotisée. Et c'est bon.
J'ai pris mon premier petit déj' sur ma terrasse ce matin, tartines grillées à la confiture de clémentine... Mes salades pointent leur nez hors de terre, surveillées de près par le couple de tourterelles qui vient me saluer tous les matins. J'ai craqué pour une magnifique bougainvillée, un chèvrefeuille, un jasmin... Me reste un citronnier à ajouter, quelques lauriers roses et à planter mon persil. Bonheur simple et lumineux comme je les aime.
J'ai cueilli ma première asperge sauvage cette semaine. C'est en retournant chez ma jolie centenaire, métamorphosée depuis qu'on lui a zappé le Temesta de son pillulier (elle chante, elle rit, elle lit sans lunettes, nous reconnait et nous accueille d'un grand "Bonjour, on va bien s'amuser dans la douche !") dans les montagnes que j'ai appris à les repérer. Sa fille m'a guidée dans le maquis à la recherche de l'asparagus qui donne en ce moment des asperges vertes, fines et goûtues. Elle me propose une initiation aux herbes sauvages de la corse pour la cuisine ou les tisanes...
Le coin des filles
Premières fois que mes cracottes se risquent à des commentaires ! J'adore, les filles... Continuez !
Pour ma Nat, quelques précisions : ma première épilation "osée" est une réussite. Outre le plaisir qu'elle a donné à mon homme, elle amplifie mes sensations déjà bien aiguisées. Le moindre mouvement te donne l'impression d'être totalement "nue". Et ne t'inquiète pas, ça repousse tout doux... Seul petit inconvénient, Dame nature fait bien les choses : les poils pubiens servent finalement, surtout à diriger le jet d'urine. Je m'en suis rendue compte à mes dépends. Cela demande un peu plus de concentration et d'abdominaux... Mais on s'y fait très bien. Et oui, Poki, tu as raison, l'essayer, c'est l'adopter. De là à décliner, comme tu me le conseilles, en carte à jouer Coeur, trèfle, pique, carreau... A négocier avec ma complice épileuse...
Premières fois... Je garde les yeux et les sens grands ouverts pour toutes ses premières fois qui font mon quotidien dans cette nouvelle vie. Trop peur d'en perdre une miette !
10:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infirmière, corse, journal intime



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