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26.03.2008
Pâques aux tisons
Plaisir de la page blanche , mon petit muscat à portée de main, une Menthol pour m'envapper un peu, le concert d'Ayo en musique de fond pour être plus près de vous, amis malouins...
Voilà, ma semaine de travail s'est achevée hier soir avec un sentiment d'intense satisfaction. Même si j'ai affronté le froid, la pluie, la grêle et la tempête durant tout le week-end pascal... Reprendre pied peu à peu, retrouver mon rythme, c'est-à-dire le bon speed efficace que j'aime lorsque je travaille, effacer le moindre instant de doute, se lancer, s'engager, sans avoir peur, dans des voies nouvelles...
J'ai enfin digéré "l'impact" de mon atterrisage corse. Je suis à nouveau campée solidement sur mes deux pieds, ici et maintenant. Mes objectifs en ligne de mire ! Yala !
L'hôpital Eugénie organisait cette semaine un colloque gériatrique auquel j'avais vaguement participé en rédigeant un texte d'introduction et soutenant mes collègues chargés de présenter notre structure d'hospitalisation à domicile. Une occasion en or pour découvrir le palais des congrès et le milieu professionnel local... et constater, affligée, combien le monde paramédical place bien bas le niveau de sa communication. Exposés abstraits, pétris de bons sentiments à la con, infantilisant, visages plein pot de vieillards sur musique corse larmoyante... nos vieux... I nostri Vecchji... tradition, respect, devoir.
Heureusement, notre présentation se distinguait du lot par sa fraîcheur, sa clarté et son professionalisme... J'aime notre équipe pour ce mélange. Je suis rassurée d'y trouver là de vraies ressources, de vrais échanges avec des personnes engagées, intellectuellement vivantes et enrichissantes. J'ai eu tellement peur pendant ces années d'études de me coltiner à vie des bourriques blasées qui raisonnent en fonctionnaires du soin, horaires, congés payés, maternité et retraite... J'avais bien croisé quelques modèles plus proches de mes aspirations... mais si peu !
Je commence à trouver ma vraie place dans cette jeune entreprise qui ressemble plus à un laboratoire qu'autre chose par son bouillonnement incessant et chaotique, à mettre du lien entre nous, à faire bouger les choses à force de positivisme et de provocations mesurées... j'apprends et je m'amuse. Je renoue le plaisir d'élaborer des stratégies et des projets avec mes collègues, débats passionnées qui nous ont tenus éveillés, autour d'un bon gigot, jusqu'à 3 heures de ce matin, par exemple...
Au chevet des patients, je commence à prendre confiance en moi, à m'assumer et m'affirmer professionnellement. Je mesure mieux l'énergie incroyable qu'il me faut dispenser pour résister aux sollicitations physiques, morales et émotionnelles propres à ce mode d'exercice. J'apprends donc à me ressourcer, à prendre soin de moi, différer, accepter de ne pas toujours être au top...
Et surtout, j'apprends la patience. Rude exercice pour l'enfant gâtée que j'ai toujours été...
20:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infirmière, corse, gériatrie



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