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25.04.2008

Mes besoins fondamentaux (1)

ET oui, Xav, nous avons tous des besoins... Voici un aperçu de ce que peuvent être les besoins fondamentaux d'une corsarmoricaine...

Dormir...

Longtemps, je me suis couchée avec une seule angoisse : ne pas m'endormir. Ma dernière année d'étudiante a été à ce titre un cauchemar. Non seulement je ne m'endormais qu'après m'être retournée des heures et des heures dans mes draps froissés, mais je me réveillais ensuite au beau milieu de la nuit, yeux et cerveau grands ouverts, assaillie par mille et une pensées qui tourbillonnaient sans fin et me noyais le plus souvent dans l'angoisse de ne pas "avoir mon compte de sommeil".

Mes palliatifs ? Le sport à outrance, le petit verre de vin rouge au dîner, puis les petites pilules magiques, la petite cigarette mentholée pour m'étourdir un peu, les mots jetés dans le journal intime pour délester mon esprit enfiévré de toutes les expériences nouvelles que chaque journée m'apportait... Quelquefois la présence réconfortante de mon jeune ami qui me caressait la main jusqu'à ce que je sombre et qui s'esquivait sur la pointe des pieds, son devoir accompli... Je t'embrasse fort, gamin...

Puis j'ai appris à utiliser mon handicap. Ce temps d'éveil était quelque part du temps perdu, puisque je ne me reposais pas vraiment. Alors, j'en ai fait un temps d'écriture, de lecture, d'apprentissage. Et, en échange, j'ai appris à utiliser chaque temps mort de la journée. Avec mes complices, mes petits bouchons d'oreille fluo ou mon MP3, voire mon bandeau pour les yeux, je me suis mise à dormir à tout moment, partout... Dans le train, les voitures, sur la plage, dans mon canapé, même en cours... j'ai cultivé l'art de la micro-sieste dont j'entendais vanter les mérites depuis si longtemps...

En Corse, je mesure tous les bénéfices de cet apprentissage. Cette nouvelle vie est trépidante, donc épuisante. Dès que je me pose, un livre à la main, je plonge dans le sommeil. Sieste dans le hamac sur la plage de Tahiti, sur un rocher aux sanguinaires, sur mon canapé d'été bercée par le vent marin, enroulée dans mes draps les volets mi-clos, contre une peau douce et chaude qui devient familière... je m'essaye à tous les endroits avec délice.

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