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01.05.2008

Mes besoins fondamentaux (2)

Se mouvoir, maintenir une bonne posture...

Bouger... un besoin plus que fondamental pour moi. Bouger pour me sentir vivante, quand je cours par exemple. Ou quand je danse, les yeux mi-clos le plus souvent, toute entière abandonnée à la musique qui guide mes gestes et harmonise mon rythme intérieur... Bouger pour aller à la rencontre des autres, descendre en ville sur mon scooter pour me frotter à la civilisation en mouvement, me couler dans cette humanité, me gorger soudain d'un éclat léger et tourbillonnant, dans mon Ajaccio bling-bling à moi, arpenter les rues en roulant du popotin, mon sport favori, parce que, oui, j'aime marcher comme une lionne dans la savane et allumer les regards autour de moi...

Se mouvoir... sentir mes muscles s'étirer à chaque brasse, sentir ma peu nue frissonner, se hérisser sous la caresse salée de la mer, au coeur du golfe de Lava, où je m'échappe quelques instants de la dernière oursinade, dans le cabanon des Marseilllais... Des gens simples et chaleureux, trois générations confondues et la quatrième à peine visible dans le renflement discret d'un ventre de jeune femme... Qui rient, palabrent, galèjent autour d'un verre embué par le rosé corse, les babines sucrées d'oursins. Régal de gonades renflées, offertes dans leurs corolles d'un violet si sombre qu'on les croit charbon, au délicat parfum de coriandre noyé dans un relent d'iode qu'on pioche d'une mouillette de gâche fraîche... Dès le ventre plein, je ne résiste pas à l'appel de cette eau claire, cernée par les montagnes phosphorescentes. Nager...

Se mouvoir et se remuer, pour assurer le timing entre chaque patient. Monter dans le voiture, enfourcher le scoot, trouver la route la plus courte, se garer, monter les 7 étages à pied, traverser les jardins ou les vignes, écrasés de soleil ou sous le pluie battante... Maintenir la bonne posture pour tourner, retourner, lever, coucher, redresser, mobiliser sans me fracasser le dos sur ces corps désormais immobiles, ces poids morts amplifiés par leurs ankyloses, de toute façon, bien plus lourds que moi... Trouver la bonne distance. Faire la bise ou pas. Poser la main sur l'épaule, réconfortante. Caresser une joue. Masser un muscle douloureux, des pieds enflés. Shampooiner, raser, coiffer, enduire de crème, jongler avec les pinces pour refaire un pansement, piquer, couper, écarter.

Souvent je regarde mes mains avec une sorte d'admiration: elles ont acquis au fil du temps de telles compétences ! Elles jardinent, bricolent, écrivent, consolent, fessent, cognent, caressent, soignent, nettoient, soulagent, chatouillent, grattent, cuisinent... Fascinant !

Oui, pour faire face à cette nouvelle vie qui me passionne, je dois sans arrêt maintenir une bonne posture, accepter les temps forts, où je bouge beaucoup et les temps calmes, où je me pose et me repose, pour continuer à faire les bons choix, à être bien dans mes baskets. Ici et maintenant.