28.02.2009

Solo ? Duo ?

La nature a horreur du vide et, par essence, elle adore le changement. Même plus que le changement, je dirais la contradiction.

Que celle qui ne s'est jamais battue comme une folle pour obtenir ce qu'elle désire le plus au monde, et qui constate, une fois le défi relevé, que ce "plus au monde"  chèrement gagné a soudain perdu tout attrait à ses yeux, lève le doigt !

Cela vaut pour les plus petites choses : vouloir les cheveux longs lorsqu'on vient juste de tailler notre crinière... Vouloir perdre ces trois petits kilos de l'hiver en un mois dès que le soleil pointe son premier rayon un peu chaud... Craquer et se mettre dans le rouge pendant des mois pour acquérir cette petite robe hors de prix, mais tellement canon qu'on ne pourra pas vivre sans elle, qu'on mettra peut-être une fois ou deux dans le meilleur des cas. A cause même de ces petits kilos qu'on reprend parce qu'on les a justement perdu trop vite. Grrrrrrrrrrrrr...

Re-naissance

Et puis ce principe vaut pour des choses - un peu plus - importantes. Comme les affaires de coeur. Que mes soeurs de combat me rejoignent; et si elles sont honnêtes, elles le feront: qu'il était doux le temps où nous venions juste de recouvrer notre liberté après une longue histoire de couple. Cette infinie sensation de respirer plus profondément sans effort, de prendre toutes les décisions de la vie quotidienne sur une simple impulsion, sans compte à rendre à personne... Aller, venir, rentrer sortir... ce temps merveilleux qu'on partage avec soi-même , en toute harmonie, sans contrainte. Redécouvrir son corps, ses envies, ses beoins, ses désirs, s'en emparer, l'embellir, le chérir, rien que pour soi.

Je ne connais d'expérience plus narcissique que le célibat... A part le coup de foudre, bien sûr ! Et c'est là où le bât blesse. Tout dans la vie n'est qu'étapes, passages, évolution...

Le temps de la chasse

Après la merveilleuse sensation de se plaire, on a fatalement envie de plaire. Comme pour trouver dans le regard de l'autre, le reflet de ce qu'on est soudain redevenue : une femme vivante, belle, désirable, car libre ! Quelle vibration de se sentir chasseuse, chassée... Nouvelles sensations, envie de toucher d'autres textures de peaux, de s'énivrer d'odeurs inconnues, de s'ouvrir à d'autres désirs que les siens propres, se lâcher jusqu'au grand frisson de peur qui brise l'échine et parfois se mute en plaisirs insoupçonnés...

Et puis un jour, on passe encore à une autre étape. Rien n'est plus pareil. le coeur bat plus fort. Une force invisible vous pousse vers un autre avec une intensité nouvelle, avec une attente nouvelle, une quête d'absolue, de fusion, confortable et redoutable fusion... On bascule soudain du solo au duo. Sans avoir le temps de dire "Ouf !" Et là, bonheur et malheur se lient si intimement qu'on perd la boule.

Duo sur canapé

La liste des bonheurs, tout le monde la connait : le bonheur de partager, de se sentir comprise, aimée, choyée, respectée, appréciée, soutenue, le bonheur d'aimer, de donner, encourager, chérir... Bref, d'avoir enfin un point d'ancrage à partir duquel on va pouvoir rayonner en paix. Las, revenons à nos classiques. Mon cher Daudet a déjà tout décrit avec sa malheureuse Blanchette.

Et oui, telle la chèvre du sieur Seguin, il y  a le jour où l'herbe du pré voisin nous semble plus attirante... mais il y a cette chaine autour de notre cou... Il y a des jours où une soirée solo, bain, pyjama et feuilleton débile nous tenterait bien, "mêêêê, mêêêê"... fait la biquette. Une journée où le ciel bleu nous attire dehors, mêêê, malgré nous, on se crée des obligations, des compromissions qui n'ont même pas lieu d'être...

Et nous éprouvons alors toutes un  jour, je pense, la difficulté, typiquement féminine, à conserver notre pré carré vierge de toute incursion, nos envies intactes et fortes... Jusqu'à ne même plus prendre soin de ce joli petit corps qui bien souvent s'empâte un peu pour nous rappeler que la nidification est hypnotiquement lénifiante et tueuse en série de tout sex appeal... Puisqu'on est toujours belle dans ses yeux. Puisqu'on ne se voit plus qu'à travers son regard dramatiquement subjectif.

Le blues de la quadra énervée

Ah, qu'il doux d'aimer ! Ah, qu'il est dur de mener une relation amoureuse sans se perdre, s'oublier, se nier, en un mot S'ENERVER ! Parce que la première fois, on s'en rend pas bien compte; on doute; on se trouve des circonstances atténuantes. Mais là !... Y'a sérieusement récidive. On s'en était fait des promesses dans la glace, qu'on était la plus belle des princesses, et qu'aucun homme jamais ne viendrait faire pleurer ses beaux yeux là (oui, pour le lecteur masculin, je signale que les conflits intérieurs se traduisent plus souvent par des crises de larmes inexpliquées que par des phrases intelligibles, dans le feu de l'action. les mots ne sortent que quelques temps après). Que plus jamais, non plus jamais... never again et tout le tralala...

So what ? Qu'est-ce qui s'est passé ? La volonté, les bonnes résolutions, c'est passé où, hein ? C'est pas sérieux tout ça vraiment. Ne jamais oublier, les filles, à quel point la vie est trop courte pour se la gâcher avec des broutilles. Que le sourire et les bras tendres de son amoureux valent bien des sacrifices mais pas tous. Allez, la lutte continue et sur tous les fronts !

Spéciale dédicace pour Nat B. et Cécilia

 

 

 

27.02.2009

Soleil pâle

Y'a des jours comme ça, où se lève avec une aube émouvante de beauté. Un ciel brumeux qui annonce la chaleur, des rais de lumières qui traversent les nuages et irradient la baie.

Puis le ciel est bleu, le soleil terrible chauffe à travers la baie vitrée. Les mimosas explosent de fleurs fanées; les petites asperges sauvages pointent leur nez dans le maquis.

Alors je saute sur mon scooter pour me gaver de l'arôme des fleurs d'orangers qui se propage dans les rues.

Et là, HORREUR... Il fait définitivement et horriblement froid. Le nez gèle, les cuisses, les doigts gourds, les yeux pleurent... Et non ce n'est pas encore le printemps. Juste un avant goût... juste pour rire, pour donner envie... Ne pas oublier que le Sud sera généreux en chaleur... dans quelques mois.

21.02.2009

Mes 45 petits plaisirs d'hiver

NUS - Séance 1 2009-01-15 012.jpg1- être réveillée par les rayons du soleil qui traversent les volets et le gazouillis des oiseaux

2- sentir la chaleur du corps de mon amoureux contre moi; m'y blottir sans fin mais toujours avec une faim insatiable

3- ouvrir les yeux sur son visage et nous sourire en guise de bonjour

4- la volute de fumée qui s'échappe de ma théière danoise, toute en verre et le fumet qui chatouille mes narines de bon matin

5- les perles de sueur qui mouillent ma peau quand je fais du sport

6- marcher au bord des vagues, les yeux perdus dans les sommets enneigés

7- me glisser dans les rues désertes sur mon scooter; la morsure du froid sur mes joues; les petites larmes qui roulent de mes yeux

8- Massive Attack à fond dans le casque quand j'écris

9- Ebene mon bien-aimé chaton, qui se roule sur moi en ronronnant

10- le rire d'Anne

11- la voix "téléphonique" de mes amis éloignés qui me rappelent que, non, je ne suis pas seule au monde

12- le parfum de la marjolaine séchée quand j'ouvre le pot à épices

13- le sentiment de satisfaction après certaines journées de travail où je me suis sentie à l'aise et performante

14- sentir dans mon dos la pierre chauffée par le soleil de la tour des Sanguinaires

15- la neige fraiche qui crisse sous mes skis. scroutch, scroutch, scroutch...

16- mes séances de travail avec Bruna, ma collègue diététicienne, puisqu'on rêve à nous deux de changer le monde... en meilleur bien-sûr

17- l'odeur aigrelette des fleurs de souci que je me suis offertes mardi

18- le marché du dimanche matin suivi d'un petit canon au bar du même nom

19-les apéros interminables de Marie-Paule avec knakis et frites au four à l'appui

20 - inventer des recettes à partir de produits corses, avec mon petit verre de rouge Niellucciu à portée de main

21- prendre la caresse du soleil le matin sur mon balcon

22- me rouler dans le sable avec Nalla, labrador et reine de la bagarre

23 - cueillir des brassées de mimosas explosés d'inflorescences

24- le brasier du soleil levant sur les collines douces comme du velours, par la fenêtre de la clinique qui nous donne le sourire le matin avec les patients.

25- remonter le cours Napoléon désert le soir. j'ai toujours aimé cette sensation, fausse pourtant, d'être la seule éveillée quand toute la ville dort; l'avantage, ici, c'est qu'on le ressent très tôt en hiver.

26- mon petit chocolat en terrasse où ça caille, mais bon, y'a du soleil quand même alors on en profite, avec mes copines ou ma cousine

27- me poser à la bibliothèque (au moins y a du chauffage, parce qu'à la maison, c'est pas vraiment le cas !) et bosser, rêver, écrivailler, compulser...

28- nos journées au lit, scotchés devant un film ou la télé, un gros gâteau maison à portée de bouche

29- mes petites mémés et pépés qui essayent de m'apprendre à parler corse et qui se retrouvent chaque soir à palabrer dans le couloir, lorsque la clinique se vide enfin...

30- le jour où mes douleurs me lâchent un peu

31- voir les avions décoller au-dessus de la plage, plus d'un an d'émerveillement... je crois que ça durera toute la vie...

32- penser que ma famille, même si elle est un peu compliquée parfois, est une famille formidable

33- me sentir un peu moins serrée dans mes jeans le matin. en ce moment, c'est plutôt rare... (cf. 28 !)

34- mettre des draps propres dans le lit en anticipant le plaisir de s'y glisser le soir

35- regarder le ballet des bateaux dans cette baie en forme de coeur, les paquebots qui arrivent, les hôtels flottants de luxe qui escalent, les pêcheurs qui partent au boulot, les voiliers qui déploient leurs spis immaculés...

36- la piscine à l'eau verdâtre, sous mon balcon, qui me rappelle que le jour où elle sera  du plus pur turquoise l'été sera enfin revenu

37- les bourgeons sur mon chèvrefeuille et les petites pousses de menthe marocaine qui annoncent les beaux jours

38- nos fou-rires idiots avec mon amoureux

39- descendre chez le marchand de journaux et feuilleter tous les magazines de la création dans un endroit élégant et agréable. acheter le Monde, Elle et les dévorer sur mon canapé

40- ma petite menthol que je grille tranquille après dîner et qui en général me scotche le cerveau dans les étoiles (merci Viviane)

41- l'idée que je vais bientôt faire mes valises pour la martinique pour marier ma petite princesse et voir comment j'ai progressé en insularité

42 - regarder les photos que ma belle Sandrine a faite de moi et kiffer en repensant au plaisir que j'y ai pris

43- mettre la musique à fond et danser devant ma glace ou avec ... Lui

44- sentir les larmes me monter aux yeux quand je suis trop heureuse

45- me laisser couler dans le sommeil en pensant que demain, il fera jour.

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