22.07.2009

Carnets d'été 1

Cap au Nord-Est : Calvi.

Première exploration, rencontre douce, guidée par deux copines... La route est longue et sinueuse. Les montagnes nous escortent. Pause à Corte, la ville universitaire de l'ïle, salvatrice pour nos estomacs malmenés par les virages en lacets.

Au bout de deux grosses heures de route, la Belle sa dévoile enfin. Impression de dejà vu... Des plages de sable fin, un petit centre ville, une place éclaboussée de soleil surplombée par une citadelle perchée sur la mer... Sûr, je connais déjà cet endroit. Dans une vie antérieure ? Ou encore une fois, le destin qui guide mes pas vers le soleil, la lumière, les cités fortifiées ?

Moi qui vient de Sant-Malo, qui suis coutumière des architectures Vauban, je suis impressionnée d'être à la fois sur une île et dans une citadelle blanche et claire...

Calvi4.jpg

Dès le porche, un "Civitas Calvi Semper Fidelis" rappelle sa fidélité de Calvi à Gênes au XVIème siècle. Se perdre dans les ruelles, écrasées de chaleur... pousser la porte de la cathédrale Saint Jean-Baptiste et tomber en amour dans ce petit joyau baroque, mélange de fantaisie extrème et de simplicité immaculée. Y allumer une veilleuse rouge pour marquer ma propre fidélité à ceux que j'aime et qui sont loin de moi... jusqu'à l'extrême ! Surplomber cette baie magnifique où plongent les montagnes environnantes.

La nuit habille encore mieux Calvi. Mes amies m'entraînent jusqu'à chez Tao, la boite de nuit incontournable, installée dans un couvent désafecté. Lieu magnifique, très chic, très cher... Musique live, Dj, bougies, terrasses en espalier...

De là, on domine le port où d'énormes yachts se dandinent en scintillant de mille feux. Ils attendent sagement leurs passagers, reconnaissables à leurs tenues rigoureusement blanches (l'uniforme des yachtmens à terre ?), hommes grisonnants, souvent bedonnants qui arrosent généreusement de champagne les jeunes délurées péroxidées qui leur tiennent compagnie. Population qui manifeste sa différence à grand coups de rires tonitruants pour les mâles, hystériques pour les jeunes filles, de cris, de chants, de danse... Et de remarques méprisantes pour les autochtones. Impossible de les ignorer.

J'avais oublié à quel point certains ont besoin d'étaler leur argent pour avoir l'impression de s'amuser, d'exister... J'ai pourtant fréquenté beaucoup d'endroits huppés et hypes dans ma vie. Mais pour la première fois, je me suis sentie légèrement décalée. D'abord parce que je n'ai plus les moyens que j'ai pu avoir par le passé, du moins plus les mêmes privilèges... Et puis, quelque part, je me sens plus proche de mes valeurs de simplicité. J'adore la fête, la musique, la danse, mais ce tapage ostensible et indécent, ce mépris pour le pays qui les accueille m'a un peu gênée.

calvi1.jpgPetit déjeuner d'anthologie, un peu tardif (la nuit fut courte), sur le port où s'agitent les quelques pêcheurs, où vont et viennent les ferries qui vomissent leur lot de touristes hagards et blancs bec... Le terrasse croule sous le soleil chaud; nous sirotons et devisons, avec cette légèreté des femmes entre elles, qui parlent de tout et de rien, du plus intime comme du plus superficiel avec une candeur extrême. Scènes de la vie qui s'éveille.

 

Un dernier plongeon dans l'eau fraîche, puis étape impromptue dans le village incroyable de Lumio, patrie de la non moins charmante Laetitia Casta. De vieilles maisons de pierre accrochées à flanc de montagne, des placettes ombragées par les platanes, des escaliers de guingois pour relier les ruelles tortueuses, un mariage, une fête villageoise où je glane l'huile d'olive de la Balagne, le miel sombre du maquis, le thé noir fumé à la châtaigne et la camomille parfumée aux écorces d'agrumes corse.

Oui, les petits bonheurs simples qu'on cueille au vol sont définitivement mes préférés.

 

 

 

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